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Le nain et le Griffon

par Forsja Barbe-Cendrée

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Attention, ce récit utilise sons et animations. En savoir plus sur Dreams.

Au temps jadis vivait un nain. 

Entre plaines et forêts, il vivait dans un village de son clan où les jours passaient avec douceur.

Mais, s'il était entouré de voisins et de camarades, ce nain-là était très seul. Il était né enfant unique et l'était resté.

Ses parents n'existaient plus depuis plusieurs années.La vie ne l'avait pas conduit sur la route du mariage ou de l'amour, ainsi n'avait-il pas non plus d'enfant.

Rongé par la solitude, ce nain ne rêvait que d'une chose : un ami.

Quelqu'un avec qui partager son quotidien. Cette idée l'obmnubilait.

Il tenta d'apprivoiser plusieurs bêtes afin de s'en faire des familiers sans grand succès.

Bientôt, à la taverne du village, le mot passa que le nain devenait fou.

Les villageois tentèrent de le distraire, sans résultat.

Le nain eut une nouvelle idée.

"Puisque la nature ne porte pas de créature satisfaisante pour devenir mon ami, je vais m'en fabriquer un. Tout seul, comme un grand !"

Le nain abattit un arbre au tronc large et le traîna jusqu'à son jardin.

Là il se mit à jouer du marteau et du burin, du soir au matin, rendant très irritables ses proches voisins.

Le sculpteur avait une idée très précise de ce qu'il voulait. Cette créature allierait la force terrestre du lion à l'énergie céleste de l'aigle.

Il aurait la puissance pour tirer un char et la prestance de garder un trésor.

Il baptisa cet animal : griffon.

Quant à la taverne, on y disait maintenant que le nain était devenu complètement marteau, qu'une telle créature ne pouvait que perdre les qualités de l'aigle et du lion et n'être ainsi qu'une abomination.

Mais quand l'entreprise fut achevée, tous admirent que l'oeuvre était belle et que le "griffon" avait fière allure.

Le nain était heureux, il continua son existance, parlant en permanence à sa sculpture.

Si bien que les villageois finirent par s'habituer à sa folie douce...

Le  nain prenait grand soin de sa création. Chaque soir en lui racontant sa journée il flattait le plumage de bois.

Le griffon était à l'abri des éléments et toujours traité avec soin.

Un matin le nain se leva, pour ne plus trouver sa sculpture. Le griffon, envolé.

Il fit le tour du village en beuglant : "Qui a volé mon griffon ?! Qui ?!"

Incapable de trouver sa création, il rentra chez lui, dépité.

Sur son perron l'attendait...  un lapin mort.

Et lorsqu'il regarda où sa sculpture aurait dû être, il trouva son griffon. Couché confortablement, vivant, le fixant l'air paisible.

Dès lors, le griffon suivit son maître partout dans le village, l'aidant aux tâches quotidiennes.

Encore une fois le village s'habitua. Et le nain et le griffon développèrent leur amitié.

L'animal portait le nain sur son dos, l'accompagnait à la chasse, le protégeant contre les animaux sauvage lorsqu'il bûcheronnait...

Quand vint la guerre, le griffon participa aux côtés de son maître aux combats et il remportèrent plusieurs victoires... 

Ensemble ils vécurent moult aventures.

Le nain vieillissait de plus en plus, le griffon lui, restait identique, conservé par cette mystérieuse puissance qui lui avait donné la vie.

Arrivé à un âge canonique, le nain ne put plus quitter son domicile.

Plus de chasse, plus de guerre, plus de bûcheronnage, plus aucune aventure autre que le bouillon du soir.

Mais le griffon resta à ses côtés. Jusqu'à la fin.

Un matin la villageoise qui venait faire le ménage trouva le nain mort.

Enfin... pas tout à fait mort.

Pétrifié dans une paisible position, le nain gisait dans son lit... transformé en bois.

Le griffon accompagna le corps de son maître durant le rite funèbre. Puis, il prit son envol et partit.

Durant les décennies suivantes, le griffon réapparut lorque les villageois en avaient besoin.

Ses hauts faits furent transmis de villageois en villageois, de père en fille, de mère en fils, construisant sa légende.

Aujourd'hui encore, dans cette région, on parle de lui au présent.