-/        
Je veux me rendre à la page .

Le silence du Génédar

par Siopi

Commencer la lecture

Attention, ce récit utilise sons et animations. En savoir plus sur Dreams.

Les étoiles défilent en cône le long de l'immense baie vitrée du Génédar.

Uranos les voit passer sans les regarder. Il a trop l'habitude.

La fatigue commence à peser sur ses paupières. Il s'étire.

Son tour de garde devrait bientôt s'achever.

Il jette un coup d'oeil vers ses comparses navigateurs et pilotes, tous ont le même air légèrement absent.

Le vaisseau suit sa course sans encombre, la vigilance des Draeneï est relâchée.

Le silence emplit tout l'espace.

Des sabots claquent derrière lui.

"- C'est la relève." lui déclare son camarade en lui tapant sur l'épaule.

Uranos hoche la tête, laconique. "- Hm."

Il remarque un genre de peluche dans la main du draeneï.

"- Qu'est-ce que c'est ?

- Oh ça, c'est pour m'occuper. Je me réveille toujours une heure ou deux trop tôt pour prendre mon poste. Alors j'ai trouvé cette activité. Cela me permet de rester calme et concentré au lieu de tourner en rond en attendant le moment."

Le draeneï soulève l'animal, composé d'un patchwork de tissus, jusqu'au visage de son collègue.

"- Alors... Qu'est-ce que c'est ?" demande le couturier avec un large sourire naïf.

Uranos fixe placidement les yeux rudimentaires de la créature avant de répondre : "- Un talbuk."

Le sourire s'allonge un peu plus tandis que le draeneï hoche la tête.

Le pilote enlève alors les lunettes de son front et les passe autour des cornes de la peluche.

"- Et maintenant, c'est un talbuk pilote !"

Uranos est trop fatigué pour faire comme s'il trouvait ça amusant.

"- Quel âge a ta fille déjà ?

- Trop jeune pour comprendre ce qu'est un talbuk pilote...

- Ca viendra !" il colle l'animal dans la main du parent avant de prendre son poste.

Uranos dévisage un instant la peluche, puis son compatriote déjà plongé dans la contemplation de l'univers.

Il hausse les épaules et quitte le pont.

Ses pas résonnent métalliquement dans les couloirs du Génédar.

Tout est calme, la plupart des draeneï doivent dormir.

Un éclat de rire étouffé s'échappe de la porte voisine alors qu'Uranos pénètre dans ses quartiers.

Sa fille dort dans son lit d'enfant. Ses cornes ne sont même pas encore formées.

Le père pose le talbuk pilote sur un coin du matelas.

"- Dans quelques temps cet imbécile aura mal aux yeux et regrettera de t'avoir donné ses lunettes, Siopinette."

Pour seule réponse, la respiration calme de l'enfant.

Uranos regarde un long moment sa fille, sans un mot de plus, puis ressort, le sabot le plus léger possible...