Aymeric de Borel, petit templier

par Coquebert Valdenier

Depuis son plus jeune âge, Aymeric s'entraîne d'arrache-pied, redoublant d'efforts afin de prouver qu'il est digne des templiers.

Mais aujourd'hui, l'entraînement a une saveur toute particulière. Il a été mis au défi d'affronter un combattant venu de loin, au sud, un gladiateur du Thanalan.

Pour qu'Ishgard accepte ainsi d'ouvrir ses portes à un étranger, ce guerrier possède assurément une grande valeur. Aymeric doit se montrer à la hauteur, non seulement pour ce combattant uldien, mais aussi pour tous ses frères d'armes, dont l'honneur repose sur les épaules du bâtard ishgardien.

Le vieux maître d'armes se tient face à Aymeric. Il est calme, observateur, attendant l'offensive de son élève. Celle-ci ne se fait pas attendre, Aymeric attaquant avec toute la ferveur qu'on lui connaît, et plus encore, faisant pleuvoir les coups d'épée contre le bouclier de son professeur.

Le vieil homme pare les coups avec aisance, impassible, attendant une faille dans les enchaînements de l'élézen.

Haut ! Bas !

Gauche ! Droite !

Une ouverture ! Le maître ne manque pas de s'y engouffrer, repoussant le fougueux élève dont le fessier finit par heurter lourdement le sol en pierre.

Aymeric reste à terre, le souffle coupé.

"Tu es sans doute préoccupé par ton duel à venir contre ce guerrier uldien, mais tu n'arriveras à rien si tu te bats ainsi. Ne brûle pas les étapes. Concentre-toi et réfléchis."

Aymeric ne répond pas. Il sait que son maître a raison. Il reste immobile, reprenant ses forces, tandis que toute l'assemblée quitte la zone d'entraînement.

Demain, il suivra les conseils de son professeur, et il fera mieux.

En effet, les jours qui suivent marquent les progrès fulgurants du jeune élézen, qui ne cesse d'impressionner ses camarades.

Le maître d'armes est à présent obligé de se battre sérieusement s'il ne veut pas passer pour un vieux croûlant incapable de tenir tête au jeune prodige.

Enfin, le grand jour est arrivé.

Aymeric est confiant. Il n'a pas le droit de décevoir ce pays qu'il aime, son maître ou ses compagnons d'armes. Il s'est surpassé durant ces dernières semaines et il a bien l'intention de montrer à tous le résultat de son entraînement.

L'arène ouvre ses portes. L'élézen pénètre dans l'aire de combat, épée en main. Son adversaire, une véritable montagne à la peau hâlée, se tient quelques yalms devant lui, le visage masqué.

Les deux combattants s'observent, se jaugent et se saluent.

La tension est palpable. Toute l'assemblée reste silencieuse.

Les mains solidement accrochées à leurs armes, Aymeric et son adversaire attendent le signal.

Ding !

Le combat commence !

Aymeric a tout juste le temps de se mettre en garde que son adversaire est déjà sur lui, menant l'offensive avec une rapidité qu'il n'avait jamais vu auparavant.

Il parvient de justesse à éviter la première attaque, mais le coup est tellement violent qu'il peut sentir sa lame vibrer sous l'impact. Pris par surprise, il ne voit pas venir le coup de pied qui le déstabilise aussitôt.

La montagne ne compte pas lui laisser un instant de répis, et d'un revers, balaye l'épée d'Aymeric qui se retrouve loin de ce combat perdu d'avance.

Désarmé, désemparé, l'élézen est à la merci de son adversaire. Dans le public, personne ne soupçonnait qu'il puisse y avoir un tel écart de niveau entre les deux champions.

Et pourtant, le gladiateur du Thanalan domine très largement le templier ishgardien, alors réduit à l'état du mari tardif corrigé par son épouse à grands coups de poêle en fonte, incapable de répliquer.

Ne pouvant de se défendre, Aymeric sait que la victoire est hors de portée.

"J-J'abandonne..."

Ces mots sont plus douloureux encore que la cuisante défaite qu'il vient de subir.

Il est à terre, presque inconscient.

"Q-Qui es-tu, au juste ?"

Le guerrier du sud retire son masque, affichant un large sourire, tandis que l'arbitre de la rencontre fait son annonce.

"Et le grand vainqueur de ce combat est... Coquebert Valdenier !"